Orléans : Pas de zénith pour les fascistes !

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Constitué après l’assassinat de Clément Méric, le Comité antifasciste et antiraciste du Loiret, le CAAL, a mené une campagne active dès le mois d’octobre 2013 contre la venue de Dieudonné à Orléans, programmée alors pour le 11 janvier.

Collectif d’individus rassemblés pour lutter contre l’extrême droite, on retrouve notamment au sein du CAAL des militants et militantes de Solidaires étudiants, des JC, d’AL, du NPA et du mouvement de solidarité avec la Palestine. Apprenant que Dieudonné vient à Orléans, le CAAL décide de faire d’une priorité la mobilisation contre sa venue. Ce que le CAAL affirme en premier, c’est que Dieudonné n’est plus un humoriste, mais bel et bien un militant d’extrême droite. Dès lors, le CAAL refusera d’évoquer un quelconque « spectacle » mais parlera clairement d’un meeting fasciste.

Un meeting d’extrême droite

Le choix tactique fait en octobre, alors qu’on est loin de l’emballement médiatique, est de poser publiquement la question de l’interdiction du show antisémite de Dieudonné. En réunion du CAAL, les militantes et militants pensaient alors bien improbable une telle interdiction mais se disaient qu’au moins l’engagement à l’extrême droite de Dieudonné serait ainsi clairement posé et dénoncé sur la place publique. Sous le mot d’ordre de « Pas de Zénith pour les fascistes », le CAAL organise une véritable campagne : un tract est édité et diffusé, une action est organisée devant la Fnac d’Orléans un samedi et une réunion publique est programmée. L’interview vidéo d’un membre du CAAL, titrée « C’est un meeting d’extrême droite », recueille plusieurs milliers de vues sur le site internet du quotidien local. Et lorsque le maire UMP d’Orléans finit par parler d’une éventuelle action en justice contre la venue de Dieudonné, le CAAL lui rappelle aussi sec que de jeunes de l’UMP, de l’UDI et de l’Uni d’Orléans se sont pris rigolards en photo en train de faire des quenelles.

Valls, trois petits tours et puis s’en va

L’entrée en scène de Valls va donner une autre tournure à l’affaire. Un communiqué, « Lutte contre Dieudonné : le CAAL n’a pas attendu M. Valls pour se mobiliser » est immédiatement publié. D’autres acteurs, jusqu’ici silencieux, se manifestent : le PS et le Crif annoncent ainsi vouloir organiser un rassemblement – qui n’aura pas lieu – le soir de la « représentation » de Dieudonné. Le CAAL se démarque très nettement des uns comme des autres déclarant qu’il « ne saurait cependant mêler ses voix d’une part avec celle de M. Valls qui stigmatise un jour les Roms, le lendemain les musulmans, pour diviser les plus pauvres d’entre nous ; et celle du Crif qui soutient sans condition la politique de colonisation, d’occupation et le blocus de Gaza du gouvernement israélien. »

Programmée en amont, la réunion publique avec l’un des auteurs de La Galaxie Dieudonné, se tient le 8 janvier alors que l’interdiction est sur le point d’être prononcée. Ce sera l’occasion pour les membres du CAAL de faire un retour critique sur le mot d’ordre d’interdiction, en mesurant mieux toutes ses dimensions. Pourtant la volonté de construire une opposition à la venue de Dieudonné était juste : la campagne résolue du CAAL a permis de battre en brèche le discours prétendument « anti-système » de Dieudonné dont on s’est aperçu qu’il touchait beaucoup plus largement que nous le pensions, y compris parmi les adhérentes et adhérents de nos syndicats par exemple.

Théo Rival (AL Orléans)

 
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