Québec : La lutte c’est Classe

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Un mouvement social secoue actuellement les universités québécoises, contre la hausse des frais d’inscription. Explications de nos camarades québécois de l’UCL.

Avec plus de 200 000 étudiants et étudiantes en grève le 19 mars, le mouvement étudiant québécois a su construire au cours des dernières semaines un impressionnant rapport de force contre le gouvernement. Cette grève s’inscrit en réponse à la hausse de 70 % des frais de scolarité annoncée par le Parti (néo)libéral du Québec au pouvoir depuis 2003. Le bouillonnement politique créé par la mobilisation entraîne des remises en question radicales des principes et pratiques de la démocratie libérale. Les germes semés par la grève étudiante auront des effets qui se poursuivront sans doute bien après cet affrontement.

Outre le nombre historique de grévistes, la lutte étudiante a pour particularité de voir une organisation de gauche – la Coalition large de l’Assé (Classe) – émerger comme principale force politique. Seule organisation se revendiquant du syndicalisme de combat, l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (Assé) se distingue des autres associations étudiantes tant par ses revendications que son approche. Ainsi, la Classe est la seule organisation à pointer du doigt l’orientation marchande de l’éducation et la transformation du rôle des universités.

La Classe privilégie également une démarche s’éloignant des balises de la démocratie libérale. Les anarchistes prennent d’ailleurs une part active à cette démarche et leur influence se manifeste de façon répétée : l’indépendance vis-à-vis des partis politiques, la démocratie et l’action directe sont des principes et des outils au cœur de la lutte.

La grève est également l’occasion de débats de fond allant au-delà du seul enjeu de la hausse des frais de scolarité.

[*Répression violente*]

La répression féroce des contestations étudiantes par la police a notamment mis sur toutes les lèvres les questions – taboues – de la violence étatique et de la désobéissance civile. Les épisodes de brutalité policière s’accumulent et les arrestations se multiplient chaque semaine. Lors d’une manifestation pacifique le 7 mars dernier, un étudiant a ainsi reçu une grenade sonore près du visage et perdu l’usage – partiel, peut-être complet – de son œil. Le 15 mars dernier, à l’occasion de la manifestation annuelle contre la brutalité policière, 225 personnes ont fait les frais d’une nouvelle arrestation de masse.

La lutte étudiante s’accompagne d’un solide appui dans la société civile : outre les grandes centrales syndicales qui sont sorties de leurs bureaux pour appuyer le mouvement, les syndicats de professeur-e-s, les élèves du secondaire, les personnalités publiques et les nombreuses lettres ouvertes témoignent d’une solidarité rarement égalée au Québec. La Ministre de l’éducation refuse toutefois fermement de s’asseoir à la table de négociation avec les associations étudiantes. Ces dernières comptent dès lors intensifier leurs moyens de pression en multipliant les actions de perturbations économiques.

Union communiste libertaire (organisation sœur d’AL au Québec)

 
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