Santé publique : Urgences en danger

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À Paris, les urgences de l’Hôtel-Dieu sont menacées de fermeture. Parce que ce service remplit un besoin social indéniable, la mobilisation rassemble les syndicats et la population.

Les urgences de l’Hôtel-Dieu desservent neuf arrondissements de Paris. Pourtant, l’Assistance publique-hôpitaux de Paris (APHP) veut les démanteler. L’Hôtel Dieu serait vétuste  : il a été rénové il y a deux ans, à grands frais. Et les autres services d’urgence de la capitale sont surchargés  : on peut y attendre huit heures et certains hôpitaux sont saturés à 300 %. Le médecin chef de la brigade des sapeurs pompiers de Paris déclare ainsi : «  On aura beaucoup de mal à absorber le déficit d’accueil en dirigeant les victimes vers d’autres hôpitaux.  »

Fermer les urgences tue

En France, la fermeture de 2 150 services d’urgences, soit plus des deux tiers de l’existant, met en danger des vies. On meurt dans l’ambulance qui vous conduit vers un site éloigné de chez vous, parce que des urgences ont été supprimées et que les autres sont surchargées. La recherche scientifique a mis en évidence le lien entre l’éloignement et la sur-occupation des sites d’urgence et une augmentation conséquente de la surmortalité. C’est une politique délibérée de destruction, aux prix de vies sacrifiées. Ainsi, les Hôtel-Dieu de Lyon et de Marseille ne sont plus des hôpitaux mais des palaces. Toulouse a toutefois réussi à sauvegarder le sien, grâce à la lutte. À Paris, Mme Faugère, directrice de l’APHP, nommée par Sarkozy pour liquider l’Hôtel-Dieu, continue sa triste besogne, au prétexte d’y installer l’administration de l’APHP, voire un «  hôpital debout  » ! Opération immobilière, pressions sur les soignants, déménagement de matériel en catimini, déroutage des ambulances, tout cela ne l’a pas empêchée de toucher une prime de 40 000 euros. Le Docteur Kierzek, responsable du service médical des urgences (SMUR), a été rétrogradé au rang de simple médecin, pour avoir alerté l’opinion publique et les élus, même s’il a depuis obtenu de Mme Touraine sa parole de préserver le service d’urgence.

Un large comité de soutien

Un comité de soutien lutte pour le maintien d’un service qui sauve des vies. L’Hôtel-Dieu a été occupé par les syndicats (CGT, SUD, avec le soutien de FO)  : le 12 septembre, ses jardins ont accueilli près de 300 citoyens et citoyennes, des journalistes, et 18 élu-e-s (de l’UDI à l’extrême gauche) qui ont signé en faveur du maintien des urgences et pour le pacte hospitalier. Mme Kosciusko-Morizet n’a pas signé, Mme Hidalgo avait délégué Christophe Girard, élu du IVe arrondissement, qui, lui, participe à la lutte. La candidate du PS soutient verbalement. Depuis, le comité s’est rendu en vain au ministère. Maintenant il est dans la rue, diffuse des tracts sur les marchés, intervient dans les réunions électorales. Le Conseil de Paris, interpelé, a émis un vœu favorable au maintien de l’Hôtel Dieu. Cependant, Mme Faugère envoie des syndicalistes devant les tribunaux. L’urgence est plus que jamais de mise  !

Armand et France (AL Paris)

Pour suivre la lutte : Blog de l’Hôtel-Dieu

 
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