Avec Fouad Harjane : Contre l’acharnement judiciaire

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La procédure judiciaire entamée après le CPE contre le militant Fouad Harjane suit son cours, mais la solidarité ne faiblit pas : occupation de la direction de la SNCF de Lorraine et rassemblements dans de nombreuses villes en France et même à ­l’étranger. De quoi faire monter la pression pour l’ultime étape du procès le 14 novembre prochain. 

 C’est un acharnement judiciaire qui dure depuis huit ans mais dont l’épilogue est proche : seul militant condamné pour une action de blocage massive et légitime durant la lutte (victorieuse) contre le CPE de 2006 (avec 800 autres personnes), Fouad Harjane a été désigné, pour l’exemple, à verser 40 000 euros de dommages et intérêts à la SNCF. Une répression ciblée qui constitue un signal fort en direction du mouvement social et syndical.

En réprimant de la sorte, il s’agit également de dissuader toute initiative de lutte qui viserait à défendre la justice sociale. Le syndicat SUD-Rail de Metz-Nancy constate d’ailleurs que lors du dernier conflit, en juin dernier à la SNCF, là encore les dirigeants ont tenté de « criminaliser toute opposition syndicale en s’offrant la présence d’huissiers ou en sollicitant plusieurs brigades de CRS pour surveiller voire provoquer les cheminots en grève ».

Le 12 septembre avait donc lieu une audience en appel, au tribunal de grande instance de Metz, et un rassemblement de soutien devant celui-ci composé d’une bonne centaine de personnes, parmi lesquelles les principaux signataires de l’appel étaient représentés (CNT bien sûr, AL, NPA, les syndicats SUD, et dans une moindre mesure LO et la CGT…). Et finalement, la SNCF a fait savoir qu’elle n’était pas prête à se défendre sur le fond de l’affaire et à sa demande l’audience est ajournée au 14 novembre 2014. La juge a précisé qu’il s’agissait du dernier report en ce qui concerne la recevabilité de l’appel.

Action directe contre la SNCF

Après l’audience, la direction régionale de la SNCF a été occupée par l’ensemble des personnes qui se trouvaient devant le tribunal pendant près de deux heures, obligeant (après quelques tergiversations) le directeur à envoyer un fax à Guillaume Pépy (le président de la SNCF) précisant que nous occupions actuellement les lieux et exigeant le retrait de la plainte contre Fouad. Une action directe collective qui fut donc un succès relatif et un moyen de faire monter encore un peu plus la pression avant l’audience décisive du 14 novembre prochain ! Pour l’occasion, des personnes avaient fait le déplacement depuis Marseille, Lille, Paris…

Des rassemblements de soutien se sont tenus à Perpignan, Besançon, Nîmes, Toulouse, Dijon… et à l’étranger : devant l’ambassade de France à Varsovie (Pologne) et le consulat de France à Oran (Algérie). S’en est suivi un retour collectif au local de la CNT, pour un petit barbecue convivial suivi d’un concert. L’occasion de souffler un peu et de discuter de la suite, car pour le 14 novembre, il faudra une préparation bien en amont qui va se préparer dès maintenant et une mobilisation accrue, à Metz, comme ailleurs en ­France et à l’étranger !

Parce qu’une attaque contre l’un ou l’une d’entre nous est une attaque contre nous toutes et tous, nous exigeons la relaxe de Fouad Harjane et le retrait de la plainte de la SNCF ! Mais au-delà de ce seul cas, il s’agit évidemment de défendre l’amnistie pour toutes et tous les militants et militantes condamné-e-s dans le cadre des luttes sociales. Rendez-vous le 14 novembre pour le faire savoir !

Nicolas (AL Moselle)

 
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