Janvier 2009

Une nouvelle année sous le signe de l’explosion sociale.

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En annonçant le report de la réforme d’un an, le ministre nous montre sa faiblesse. La raison du report de la réforme est simple : devant l’ampleur de la mobilisation, le gouvernement a peur.

Peur du mouvement lycéen, peur aussi de se faire submerger alors que d’autres mobilisations sont à l’ordre du jour : les IUT en lutte relancent la contestation de la loi d’autonomie des Universités (LRU), de nombreux étudiants veulent lancer un mouvement sur les facs après les examens, sans parler de la grève générale du 29 janvier, à l’appel des organisations syndicales… Dans ce contexte, un mouvement lycéen fort peut mettre le feu aux poudres.

Le gouvernement flippe

Et c’est pas les lycéens et lycéennes qui vont le rassurer. C’est l’occasion d’enfoncer le clou, pour obtenir l’abandon définitif du projet, comme de la suppression des 13 500 postes à la rentrée prochaine. Un mot d’ordre : casser enfin l’arrogance du gouvernement. Pour cela, il n’y a pas de secrets : soyons toujours plus nombreux-ses dans les rues, multiplions les actions, bloquons, occupons.

Autogérons nos luttes

Il est donc temps de passer à la vitesse supérieure. N’écoutons pas les petits chefs (MJS, UNL, FIDL et autres) qui appellent au calme. Ils ne nous apprennent qu’une chose : Nous ne pouvons compter que sur nous-même, et la meilleure façon de se diriger, c’est de s’auto-organiser :
- Par des Assemblées Générales (AG) souveraines , qui sont les seuls lieux où l’on prend des décisions.
- Par les Mandats Impératifs, pour en finir avec les « leaders » autoproclamés. Oui il faut s’organiser pour préparer des actions, les manifs, se coordonner. Mais ce n’est pas une raison pour se faire confisquer nos luttes. Le mandat impératif, c’est l’application de la démocratie directe :les mandaté-e-s appliquent les décisions de l’AG, ne font pas ce qu’ils veulent, sont responsables devant l’AG, et révocables le cas échéant.

Organisons nous face à la répression

Les arrestations, les gardes à vue, se succèdent. Les conseils de discipline aussi, entraînant exclusions provisoires ou définitives. Nous ne sommes pas pour autant désarmés face à la répression. Mais il faut réagir vite, briser l’isolement, construire des solidarités. Ainsi, se mettre en contact avec un(e) avocat(e) militant(e) permet déjà de limiter les risques : en général, les procédures d’exclusions dans les bahuts sont mal ficelées, d’autant qu’elles sont montées en urgence, et il est relativement facile pour quelqu’un qui s’y connaît suffisamment de les casser pour vice de forme.

Pour les manifs ou les actions, avoir un numéro d’avocat(e) permet de ne pas se retrouver isolé(e), le cas échéant… Chercher aussi toujours à savoir le nombre, l‘identité des personnes arrêtées, et ne pas hésiter à organiser des rassemblements de soutien.

Nous ne sommes pas seuls

Ailleurs en Europe aussi, la colère monte.

Comme en Italie, où depuis novembre, un vaste mouvement de lutte étudiante et lycéennes, protestant contre la réduction de 20 du budget de l’éducation agite le pays. Il rallie à lui un nombre croissant de travailleurs qui s’opposent aux plans de licenciements.

Ou en Grèce, où l’assassinat d’un jeune de 15 ans, Alexandros Grigoropoulos, tué par balle par un policier le 6 décembre dernier, a révolté toute une génération coincée entre salaire minimum et chômage de masse, qui voit la moindre de ses revendications réprimée par les flics. Désormais, c’est le pays entier qui se soulève.

Le début 2009 s’annonce chaud. À nous de le rendre brûlant !

Clash n°32 (janvier 2009)
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