Coordination fédérale d’AL de janvier 2015

Motion de CF : Soutien critique des communistes libertaires à la gauche révolutionnaire kurde

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Motion adoptée à la coordination fédérale d’AL de janvier 2015.

En adoptant ce texte, la coordination fédérale d’AL de janvier 2015 a confirmé et validé la ligne spontanément adoptée par le secrétariat fédéral, la commission journal et la commission web d’AL à l’égard de la lutte de la gauche kurde depuis septembre 2014. Il ne développe donc pas derechef les arguments amplement exposés dans Alternative libertaire de novembre 2014 et sur le site web fédéral (dossier Kurdistan).

Cadrage politique

1. Par gauche révolutionnaire kurde, nous entendons l’ensemble des organisations associées dans l’Union des communautés kurdes (KCK), et dont le PKK (en Turquie) et le PYD (en Syrie) constituent les deux partis de référence.

2. Aujourd’hui, la gauche révolutionnaire kurde est une des rares forces politiques à proposer, au Moyen-Orient, un projet de société socialiste, écologiste, antipatriarcal et, d’une certaine façon, laïc.

3. Non seulement elle défend ce projet de société, mais elle a, dans une certaine mesure, les moyens de sa politique, avec des milices armées et le contrôle d’une bonne partie du Kurdistan syrien (Rojava).

4. Du fait de sa dépendance budgétaire vis-à-vis du régime de Damas, le processus révolutionnaire au Rojava ne peut être qualifié de révolution sociale. Il constitue cependant une révolution politique sur une base antipatriarcale, avec des réalisations autogestionnaires et populaires dont le but est de constituer un double pouvoir qui peut faire penser à l’expérience zapatiste.

5. Cette révolution politique menée par la gauche kurde appelle un soutien critique de la part des communistes libertaires. Critique, car il nous faut pointer, avec compréhension mais sincérité, les dangers qui menacent l’alternative socialiste et autogestionnaire qu’elle peut constituer :

  • un danger impérialiste : la neutralité intéressée de Damas, puis l’appui intéressé de la coalition arabo-américaine à l’occasion de la seconde bataille de Kobanê peuvent saper, à la longue, l’indépendance politique de la gauche kurde.
  • un danger autoritaire : le PKK et le PYD se conçoivent toujours comme des partis-guides. Le culte du leader Abdullah Öcalan en est un aspect, mais plus fondamentale encore est la question de la prééminence que la direction militaire conserve sur le mouvement civil, et que le parti conserve sur le pouvoir populaire. De ce point de vue, l’évolution de la situation au Rojava doit être suivie de près.

6. Tenant compte de tous ces paramètres, Alternative libertaire

  • apporte son soutien critique à la gauche révolutionnaire kurde ;
  • agit pour soutenir, étudier et faire connaître la révolution politique au Rojava ;
  • réclame le retrait du PKK de la liste des organisations terroristes ;
  • réclame la vérité et la fin du secret d’État sur l’assassinat à Paris, le 9 janvier 2013, de Fidan Doğan, Sakîne Cansiz et Leyla Saylemez.

7. Pour cela, Alternative libertaire agit au sein de la Coordination nationale solidarité Kurdistan, du collectif Anarchistes solidaires du Rojava, et avec l’ensemble du réseau international Anarkismo.

 
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