Rencontres unitaires : Réchauffement du climat écologiste

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Le forum « Climat Social, rencontres de l’écologie radicale », a eu lieu à l’espace associatif Comme Vous émoi de Montreuil le 8 juin dernier. Organisé par des militants anticapitalistes et écologistes de divers collectifs et organisations, il a réuni, dans une ambiance conviviale et participative, environ 80 personnes pour cerner en quoi l’écologie est sociale

La première discussion du forum « Climat Social, rencontres de l’écologie radicale », tenu à Montreuil le 8 juin, a permis de croiser les différents courants et visions de l’écologie radicale, avec l’écologie sociale inspirée par Murray Bookchin, l’écologie libertaire telle que la conçoit Alternative libertaire, l’écosocialisme d’inspiration plus marxiste revendiqué par le NPA, et la décroissance défendue par le Mouvement des objecteurs de croissance. Ces courants se sont révélés très proches dans l’analyse des mécanismes sociaux du capitalisme et des ressorts de la crise écologique, dans la dénonciation de toute forme de productivisme et consumérisme, et dans la proposition d’une société décentralisée, orientant la production vers la satisfaction des besoins sociaux et non l’augmentation du profit, avec une organisation productive adaptée aux conditions locales, tant écologiques que sociales. Les quatre groupes diffèrent néanmoins la question de l’organisation politique concrète d’une telle société (rapport entre les différents niveaux de décision, formes et moyens d’une démocratie radicale). Enfin, si le vocabulaire employé est propre à chaque courant, il peut parfois désigner des concepts très proches.

La deuxième discussion, axée sur la production et le travail, est partie de la difficulté à concilier écologie et défense de l’emploi dans le système capitaliste.

Rapport producteur-consommateur

Le témoignage d’un syndicaliste de Sud-Chimie était édifiant sur les contradictions que vivent les salarié-e-s obligés de produire des produits toxiques pour la santé et la planète, avec des règles de sécurité insuffisantes pour limiter les coûts de production. La spécificité et l’importance du travail de la Confédération paysanne, qui développe une vision globale de la production et du rapport producteur-consommateur, ont été rappelées. Mais le temps a manqué pour approfondir la question du sens du travail, ou simplement de l’organisation concrète des structures productives dans une société non capitaliste.

Le dernier débat portait sur les différentes luttes actuelles, à ­Notre-Dame des Landes, contre les gaz de schiste, contre le nucléaire. Comment ces luttes, partant d’une dynamique locale et spécifique, débouchent sur une critique globale du système, et comment elles la portent politiquement, concrètement. Les perspectives de mobilisation (mouvements, rendez-vous) ont ensuite dominé les échanges entre collectifs et organisations. Il a été décidé de se retrouver à ­Notre-Dame-des-Landes (cette lutte si proche d’être gagnée) les 5 et 6 juillet sur un atelier autour de nos principales perspectives communes : l’opposition au traité transatlantique, et une mobilisation anticapitaliste et écologiste massive lors du sommet climat de Paris en décembre 2015. Des rencontres similaires à celles du 8 juin devraient se tenir en régions pour continuer les discussions et préparer cette mobilisation.

Jocelyn (AL Gard)

 
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