Syndicalisme : Unité syndicale contre l’aéroport

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Le collectif syndical contre l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes est né à la fin de l’année dernière. Des syndicats CGT, Solidaires et CNT se sont unis contre le projet d’aéroport, pour le maintien de l’emploi mais aussi en solidarité avec les zadistes.

Le collectif syndical contre l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (NDDL) regroupe l’union départementale Solidaires 44, la CNT 44, la CGT AGO (syndicat interprofessionnel du site de l’actuel aéroport de Nantes Atlantique), le collectif national des syndicats CGT de Vinci, la CGT Travail-Emploi-Formation Professionnelle 44, la CGT CDC (Caisse des dépôts et consignations), la CGT du centre hospitalier Daumezon et des syndiqué.s CGT opposés à l’aéroport, agglomérant deux à trois cents syndiqué.es CGT autour de quelques dizaines de militantes et militants.

Le collectif syndical résulte de la convergence de trois démarches différentes : le syndicat AGO CGT du site de l’aéroport de Nantes Atlantique qui refuse le transfert de leur lieu de travail à plus 30 km de leur actuel lieu de travail ; des militants et militantes CGT ayant été le fer de lance de la prise de position de l’union départementale CGT en faveur du maintien de l’actuel aéroport de Nantes ; les syndicats Solidaires 44 et la CNT 44 acquis dès le départ au combat contre le projet d’aéroport. Ces militants et militantes ont côtoyé des zadistes lors des opérations de blocage pendant le conflit contre la loi travail.

Face au risque d’expulsion des habitants et habitantes du site de NDDL la nécessité de se regrouper est devenue évidente. En lien avec une partie des zadistes, les différentes composantes ont commencé à débattre. Avec une perspective principale : organiser une mobilisation syndicale la plus massive possible en cas de tentative d’expulsion.

8 300 emplois en jeu

Dans sa première expression publique, diffusée le 30 novembre, le collectif rappelle que le projet porté par Vinci est « un projet contre l’emploi » : le nouvel aéroport serait « très automatisé, ce qui signifie en clair que le nombre d’emplois sur le site sera bien inférieur à ce qu’il est sur l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique ». Le bilan de la reprise par Vinci début 2011 de la concession de l’aéroport de Nantes Atlantique est sans appel : « Depuis, les conditions de travail à l’aéroport de Nantes Atlantique ne cessent de se dégrader, faute d’investissements sur la plateforme aéroportuaire ». Le collectif en conclut que « ce projet funeste est un laboratoire de la loi travail. »

Rappelant que les emplois en Loire Atlantique sont presque deux fois plus nombreux en nord-Loire qu’en sud-Loire et qu’un transfert de l’aéroport vers Notre-Dame-des-Landes renforcerait ce déséquilibre, il dénonce la perspective de multiplication des embouteillages qui en résulterait, notamment au niveau du pont de Cheviré sur la Loire, pour les salarié.es du site aéroportuaire et pour tous les habitantes et habitants de l’agglomération nantaise. Enfin, que pèsent les 700 emplois temporaires créés pour la réalisation du chantier, face au « tissu socio-économique de plus de 70 PME menacé de disparition en cas de transfert de l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes » soit environ 8 300 emplois ?

Facilité par les liens qui se sont tissés lors du conflit sur la loi travail, le collectif affirme sa solidarité avec les zadistes : « Défendre la ZAD, c’est donc pour nous aussi soutenir une expérience d’émancipation du capitalisme et des rapports marchands (…). Les habitant-e-s de la ZAD qui vivent l’expérience d’un monde plus humain, plus libre, ont donc toute notre solidarité, car ce monde d’exploitation et d’aliénation qu’ils et elles combattent, c’est aussi celui contre lequel nous luttons, quotidiennement. »

Le collectif syndical veut ainsi « renouer avec la tradition de lutte historique en Loire-Atlantique, l’alliance entre travailleur-ses de la campagne et de la ville ». Plus prosaïquement, Copain 44 invite les syndicalistes du Collectif à un repas sur la ZAD le dimanche 8 janvier pour « provoquer une rencontre entre syndiqués et paysans et passer un bon moment ensemble ». La solidarité se construit aussi de cette façon et le collectif avec les autres composantes du mouvement contre l’aéroport entend bien s’opposer « résolument à toute tentative d’expulsions ou de démarrage des travaux ».

Jacques Dubart (AL Nantes)

 
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