Mouvements écologistes : Quelles mobilisations pour sauver la planète ?

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L’impasse d’une écologie compatible avec le capitalisme favorise le développement de mouvements écologistes radicaux, autogestionnaires et anticapitalistes.

Cela fait maintenant près de cinquante ans que des courants de l’écologie politique, s’appuyant sur les travaux de biologistes ou de climatologues, nous préviennent des risques que fait porter le système capitaliste, comme tout système productiviste, sur la planète et donc aussi sur les conditions de vie de l’humanité. Mais ces discours ont été éclipsés par l’invention du « développement durable » dans les années 1980, censé concilier croissance capitaliste et prise en compte des contraintes écologiques. Vaine illusion, qui a malheureusement séduit une large partie du mouvement écolo qui s’est alors précipitée dans la logique du système : élections, ONG financées par les États ou les entreprises, lobbying, etc. Mais vingt ans d’efforts pour changer le système de l’intérieur n’ont abouti à rien, et la catastrophe écologique se poursuit.

Dynamisme des mouvements écolos

Face à cette situation, les pratiques, discours et luttes écolos se multiplient et se radicalisent depuis quelques années, loin de la collaboration gouvernementale naïve des partis verts. De nombreux camps Climat ont été organisés depuis celui de Drax en 2006 en Angleterre, des contre-sommets se tiennent en marge des rencontres internationales sur l’environnement (jusqu’à 100 000 personnes à Copenhague en 2009), les luttes contre les grands projets inutiles et imposés (GPII) s’organisent et se solidarisent, et les initiatives de base fleurissent : ateliers autogérés de réparation (électroménager, vélos, voitures), mouvements de retour à la terre, recherche de circuits courts, initiatives de transition, etc. Ces luttes et mouvements sont très divers, mais partagent en général quelques caractéristiques : organisation horizontale, refus des logiques partisanes, critique du syndicalisme productiviste qui oppose emploi et écologie (au profit des capitalistes), action directe. Cela les rapproches des valeurs premières, plutôt libertaires, développées par des André Gorz ou Murray Bookchin dans les années 1960 et 1970.

Ce dynamisme des mouvements écolos, qui contraste avec une certaine atonie des mouvements sociaux (retraites, ANI), souffre cependant encore d’un certain éclatement et de méfiance entre des tendances parfois très individualistes et des courants politiques plus organisés. Mais les tentatives de convergence des luttes, autour des GPII par exemple, ou la déclaration de clôture du Village des alternatives de Bayonne du 6 octobre dernier appelant à la multiplication de ces événements, ou encore le début d’un travail unitaire entre AL, les Alternatifs, le NPA et le Moc (mouvement des objecteurs de croissance) sur les questions écologiques, font espérer le renforcement progressif d’un courant écologiste anticapitaliste. Ce renforcement sera primordial pour préparer le sommet des Nations unies sur le climat de Paris de décembre 2015, et faire entendre plus fort que jamais à cette occasion le slogan « System change, not climate change ».

Jocelyn (AL Marseille)

 
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