Sans-papiers : la chasse continue

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Après les mobilisations de cet été pour les enfants scolarisés de familles sans papiers, la résistance se poursuit face aux menaces d’expulsion après les faux espoirs provoqués par la circulaire de juin 2006.

Dans le cadre de la circulaire du 13 juin 2006 sur les familles sans papiers d’enfants scolarisés, 6 924 personnes ont été régularisées mais 26 614 autres ont été déboutées. La circulaire Sarkozy de régularisation a été appliquée sur la base de quotas de régularisations fixés à l’avance et au mépris de ses propres critères. Cette circulaire a surtout permis d’identifier les familles de sans-papiers pour les arrêter et les expulser. Actuellement, il n’y a plus aucune voie juridique de régularisation pour les immigré-e-s sans papiers. C’est une situation de non-droit qui crée de fait des situations irrégulières.

Des décrets relatifs à la partie réglementaire de la loi sur le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) de juillet 2006 ont été publiés dans le Journal officiel du 15 novembre 2006. Répondant aux déséquilibres de l’économie mondiale, ils abolissent toutes les procédures de régularisation automatique pour les immigré-e-s sans papiers.

Les immigré-e-s fuient l’oppression et la misère pour trouver en France ou dans d’autres pays, y compris en Afrique, l’exploitation, l’absence de droits et la peur. Le gouvernement ne les considère que d’un point de vue sécuritaire et policier.

Jeff, jeune Nigérian effectuant ses études au lycée Dorian à Paris, a été expulsé le 30 août après le refus de sa demande de régularisation, malgré l’absence d’attaches au Nigeria. Sa demande de visa pour études a été rejetée alors qu’il a un travail à la mairie du XIe arrondissement de Paris, que son hébergement est assuré ainsi que le financement de ses études et de son séjour.

Dans l’enseignement supérieur, la situation des étudiantes et étudiants étrangers se dégrade. Les conditions d’accueil sont déplorables, les difficultés sociales et la précarité administrative énorme.

Isolement et précarité

L’étudiante ou l’étudiant étranger est sans cesse menacé. De nombreuses préfectures refusent de renouveler les titres de séjour pour ressources insuffisantes ; on assiste à une multiplication des cas d’étudiantes et d’étudiants sans papiers condamnés à vivre dans l’isolement et la précarité. Dans ce contexte, la naissance du Réseau universités sans frontières (RUSF) doit permettre de lancer des actions de résistance.

Par ailleurs, le réseau Migreurop, réseau européen de militant-e-s et de chercheurs dont l’objectif est de faire connaître la généralisation de l’enfermement des étrangères et des étrangers dépourvus de titre de séjour et la multiplication des camps, a publié le Livre noir de Ceuta et Melilla, ces deux enclaves espagnoles sur le littoral marocain, entourées de barbelés sanglants. L’ouvrage contient des témoignages et une analyse sur le droit d’asile.

L’Allemagne, après l’Italie et l’Espagne, procède à des régularisations des sans-papiers. Cette initiative s’adresse aux demandeuses et demandeurs d’asile dont les dossiers ont été rejetés mais qui ne peuvent pas être expulsés. Un suivi sera nécessaire pour connaître la portée réelle de cette régularisation dans deux ans, date butoir pour le renouvellement des cartes.

Une bonne nouvelle néanmoins, un Réseau éducation sans frontières Maroc vient de voir le jour. Existant dans plusieurs villes, il est constitué de syndicats et de diverses associations œuvrant dans le domaine des droits de l’homme. Ce réseau se donne notamment pour objectifs de soutenir les familles expulsées et d’assurer leur accueil.

En France, la résistance se poursuit : une campagne pour une régularisation globale des sans-papiers, à laquelle Alternative libertaire participe, est actuellement en préparation. Une campagne libertaire antifasciste dont un des thèmes sera les politiques migratoires du PS-UMP est également en cours d’élaboration. Enfin, l’organisation d’une journée nationale de convergences des luttes et des sans-voix et sans-droits se poursuit autour de la date du 31 mars. Plus que jamais, les luttes continuent !

Noël (AL Paris-Est/Nord)

 
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