Centre de tri de La Poste de Rouen-Madillet : à roublard, roublard et demi !

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Grève au centre de tri : la Poste veut traîner les syndicalistes en conseil de discipline. Ceux-ci portent plainte pour dénonciation calomnieuse.

Dans la perspective de la privatisation voulue par Sarko et Bailly, le PDG de la Poste, l’entreprise accélère sa réorganisation. Dans les centres de tri courrier (CTC), cela se traduit par une mécanisation accrue et la remise en cause des conditions de travail et des acquis du personnel. Ainsi, en juillet, la direction a remis en question les horaires de travail au CTC Rouen-Madrillet, puis a annoncé 77 suppressions d’emplois. Mais ce centre de tri a une longue histoire de luttes, de grèves, d’occupations, et malgré toutes les tentatives de la direction, il reste un îlot de résistance.

Les négociations ouvertes en septembre ont rapidement montré leurs limites : la Poste veut instaurer au CTC les horaires et les conditions de travail qu’elle a imposés dans toutes les plates-formes industrielles courrier (PIC). Qu’importe les conséquences sur la santé et la vie familiale : il faut augmenter le nombre de nuits travaillées, il faut supprimer la brigade de jour qui alternait matin et après midi !

Une première grève, le 17 octobre, était massivement suivie. Malgré cela la direction refusait toujours de maintenir la brigade alternée et une durée de neuf heures pour les vacations de nuit.

Lettre en recommandé

Comme pour tous les conflits locaux au centre de tri, c’est le personnel en assemblée générale qui a décidé d’une nouvelle journée de grève, le 19 décembre.

À cette occasion, il a été décidé d’un rassemblement à l’entrée du centre et d’une conférence de presse. Le jour de la grève, 150 agentes et agents du centre étaient présents et, après quelques minutes, une manifestation s’est dirigée vers la mairie.

Mais la direction a choisi le harcèlement. Une semaine après la grève, une trentaine d’agents recevaient à leur domicile une lettre en recommandé menaçante. « Au cours du mouvement social du 19 décembre 2008 au centre de tri de Rouen Madrillet, il a été constaté que vous aviez participé au blocage des accès à l’établissement empêchant ainsi la circulation normale d’un camion. […] D’ores et déjà, je suis amené à vous annoncer l’ouverture d’une procédure disciplinaire à votre encontre […]. »

Or, contrairement à ce qu’affirme la direction, à aucun moment le 19 décembre les accès n’ont été bloqués. Connaissant bien les méthodes de nos dirigeants, nous avons fait particulièrement attention à ne pas boucher l’accès, alors que nous étions à visage découvert sous l’œil des caméras de surveillance. Ni les cadres présents, ni l’huissier qui accompagnait le directeur ne sont venus constater un quelconque blocage. Parmi les agents incriminés on retrouve évidemment tous les militants connus de Sud et de la CGT et, pour faire bonne mesure, d’autres collègues qui avaient le tort de participer au rassemblement.

Dans son empressement à ouvrir une procédure disciplinaire, la direction n’a même pas cherché à établir la réalité des faits. Deux chauffeurs de camions présents ont envoyé des témoignages niant le blocage. La direction refusant d’annuler les procédures en cours, 18 des agents incriminés ont porté plainte contre X pour dénonciation calomnieuse. Ce n’est qu’un début !

Pascal (AL Rouen)

 
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