Rock libertaire : Fred Alpi : quatrième

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Fred Alpi est loin d’être un inconnu dans le milieu libertaire parisien. Pilier de l’organisation dans certaines manifestations sensibles, c’est un camarade sur lequel on sait pouvoir compter, apprécié tant pour sa gentillesse que pour son écoute. Et, comme il a plus d’une corde à son arc, il nous rappelle, avec ce déjà quatrième album, qu’il est aussi un artiste doté d’une vraie personnalité, taillé pour durer.

Son premier album, Ici et Maintenant (2000) avait révélé un chanteur entier, avec des textes engagés et humanistes, sertis par un rock rugueux mais bien calibré. Parmi les quelques pépites de l’album, on retenait notamment la Chanson pour Joe Hill, hommage à ce poète et syndicaliste révolutionnaire d’origine suédoise assassiné aux États-Unis en 1915. Devenu hymne « alpiesque », Fred l’avait reprise en suédois dans son 3e album et, cette fois, c’est en allemand qu’il la chante. L’un des meilleurs moments de l’album est d’ailleurs une mise en musique très western de la plus célèbre des strophes de Joe Hill : « Sörj inte, nej, nej – Organisera ! »  Cesse de te lamenter, organise-toi ! »).

Pour le reste, Fred Alpi, accompagné encore une fois par le guitariste Gilles Fegeant, livre un album qui emprunte beaucoup au folk américain – la chemise bûcheron est de rigueur –, agrémenté parfois de sonorités à la Mark Knopfler (Deus ex Machina, Surveiller et punir). Avec C’est pour ton bien, on retrouve une réjouissante causticité à la Graeme Allwright dans son époque protest song. Fred Alpi, en effet, reste fidèle aux textes engagés qui sont tout le sel de son style. On notera l’intervention du rappeur Skalpel sur l’ultime morceau. Enfin, les illustrations de la pochette seront familières aux lecteurs des éditions Libertalia : elles sont dues au dessinateur Thierry Guitard. Go on, Freddy.

Guillaume Davranche (AL 93)

 
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