Union syndicale solidaire : Un IVe congrès sous la coupe de la représentativité




Le IVe congrès de Solidaires se tient du 3 au 5 juin à Saint-Jean-de-Monts, en Vendée. Au cœur des enjeux, les possibles nouvelles règles de représentativité, la place des Solidaires locaux et les élections prud’homales de décembre 2008.

L’union syndicale Solidaires est principalement constituée des anciens syndicats du Groupe des 10 (G10) et des Sud qui se sont multipliés après Décembre 95. Elle compte environ 80 000 adhérents et adhérentes (contre 800 000 pour la CGT et la CFDT). Particulièrement présente dans la fonction publique (elle a d’ailleurs acquis la représentativité au niveau de la fonction publique d’État), elle a connu un développement sensible dans le privé depuis le dernier congrès de Saint-Denis.

Les textes du congrès se basent sur quatre résolutions : le contexte national et international, les axes revendicatifs, l’environnement (nouveauté à Solidaires) et sur le fonctionnement.

Mais la longueur des textes risque de rebuter pas mal de syndiqué-e-s ; cela peut empêcher un véritable débat démocratique, et réserver les enjeux du congrès à une minorité de spécialistes. Un écueil dont plusieurs Solidaires locaux se sont fait l’écho, certains allant même jusqu’à réclamer le report du congrès.

Renforcer les Solidaires locaux

Depuis le dernier congrès où les Solidaires locaux (les unions locales) ont obtenu une place d’observateurs dans les instances nationales, les structures départementales se sont développées (inégalement selon les endroits). Ce congrès propose de renforcer le rôle de ces structures en leur octroyant le droit de vote. Cela ne se fera pas sans débat puisque certains syndicats (majoritairement des anciens du G 10) n’en veulent pas – il est d’ailleurs à noter que ce sont la plupart du temps des structures qui s’impliquent peu à l’échelon local. Pourtant, l’enjeu est grand pour l’union syndicale, car ce sont les Solidaires locaux qui sont au contact du terrain et qui organisent les salarié-e-s dans la lutte. C’est donc évidemment le pouls des départements qui sera pris à travers le vote de ces structures.

On peut toutefois mettre un bémol sur cette représentation des structures locales. Solidaires a essayé depuis ses débuts de ne pas fonctionner sur le mode d’un syndicalisme de délégation pour que toutes les structures soient impliquées le plus possible dans les décisions. Or certains Solidaires locaux fonctionnent beaucoup par délégation de pouvoir et les discussions interprofessionelles sont souvent l’oeuvre de spécialistes. Ce sera une difficulté à résoudre que de faire en sorte que l’ensemble des adhérents et adhérentes des syndicats ou des fédérations de Solidaires s’emparent de la problématique de l’interprofessionnel pour mettre en place une dynamique, renforcer les liens et mener des actions d’ensemble.

L’enjeu des prud’hommes et de la représentativité

La « position commune » sur les nouvelles règles de représentativité, cosignée le 9 avril par le Medef, la CGT et la CFDT (lire page 10-11), va sûrement peser sur les débats de ce IVe congrès. Alors que les élections prud’homales auront lieu en décembre 2008, leur résultat permettra d’évaluer l’audience de Solidaires dans le pays et dans les régions. Elles sont donc un enjeu majeur.

Depuis sa création, Solidaires s’est impliqué dans le mouvement social et altermondialiste : Forum social européen (FSE) et Forum social mondial (FSM), lutte contre les OGM, pour la régularisation des sans-papiers. Ce congrès est aussi là pour réaffirmer et renforcer les liens tissés avec les différentes organisations. Solidaires doit ainsi renforcer le travail syndical sur le front des sans-papiers et les libertaires ont un rôle à jouer pour mener ce débat.

De même se pose la question de l’adhésion des salarié-e-s isolé-e-s (que cela soit dans des PME-PMI ou des TPE), des chômeurs et des chômeuses ou des sans-papiers. La demande va croissant pour Solidaires et la prise en charge de ce type d’adhésions pose la question de l’implication de ces adhérents dans la vie démocratique du syndicat. Placé sous le signe des élections prud’homales, de la nouvelle représentativité, ce congrès pose clairement l’avenir de ce pôle syndical. Mais la question la plus importante est celle de l’avenir du syndicalisme qui a été porté par les Sud : un syndicalisme radical, de transformation sociale et faisant une place prépondérante aux adhérents et adhérentes.

Hugo (AL Orléans)

 
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