Contestation sociale : L’Allemagne bouge !

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C’est le spectre de 1989 qui resurgit. L’offensive sociale du patronat et du gouvernement verts-sociaux-démocrates de Schroeder dans tous les secteurs, contre les salarié(e)s, mais surtout contre les chômeur(se)s avec le nouveau plan de réduction de leurs droits dit Plan Hartz IV, pousse les gens dans la rue.

« Nous sommes le peuple », le mot d’ordre du mouvement de 1989 contre la dictature bureaucratique de la République démocratique allemande et pour les droits sociaux et politiques est le moteur qui fait courir de plus en plus de monde. « Nous ne voulons plus être des spectateurs impuissants, des machines à voter comme dans l’ancienne RDA, nous voulons devenir des acteurs pour changer cette situation », peut-on lire. « Nous voulons vivre, pas végéter », dit une autre parole écrite à la main sur des pancartes.

Partout, même dans les petits villages, les gens se mobilisent. Et les villes à l’Est, dans l’ancienne RDA, comme Leipzig, ville symbole en 1989, se retrouvent de nouveau en première ligne. Cela s’explique aussi parce que les porte-parole de ces manifestations sont les mêmes qu’en 1989.

« En 89, nous avons fait une révolution politique, aujourd’hui, c’est une révolution sociale que nous devons faire », ces mots sont du pasteur Christian Führer de Leipzig, un homme intègre et combatif.

Autre point commun avec 1989, la protestation s’organise pour l’instant autour de temps forts de manifestations tous les lundis.

À Berlin, où la première manifestation spontanée d’août était aussi une vraie réussite, le courant qui contrôle encore l’organisation des manifestations se compose des différents groupuscules politiques, des marxistes-léninistes jusqu’aux trotskystes, qui se disputent la direction du mouvement, enjeu primordial pour eux.

La rentrée a déjà commencé. Des surprises nous attendent peut-être. Nous verrons bien !

Willi Hajek, Berlin, le 17-08-2004

 
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