Étudiants québécois : Ils disent Feuq, c’est pas Classe

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Après plus de dix semaines de grève, plus de 170 000 étudiantes et étudiants québécois sont toujours en lutte dans ce mouvement de grève qui passera à l’histoire tant par son intensité que par sa durée.

La ténacité inégalée des étudiantes et étudiants grévistes québécois et l’intensité de leurs actions permet d’espérer qu’ils remporteront leur combat. Celui-ci vise au minimum à faire reculer le gouvernement sur sa décision d’imposer une hausse de 75 % des frais de scolarité.

Depuis bientôt trois mois, les actions de perturbation et les manifestations se multiplient pour faire plier le Parti (néo)libéral du Québec au pouvoir depuis maintenant neuf ans. Le 22 mars, environ 250 000 personnes ont marché dans les rues de Montréal pour former l’une des plus importantes manifestations de l’histoire du Québec. Les militants et militantes ont à maintes reprises eu recours à des stratégies de perturbation économique : blocages et occupations du port de Montréal, des ponts reliant la rive sud à l’Île de Montréal, des banques et des artères commerciales, des édifices gouvernementaux, des administrations universitaires et collégiales.

[*Intimidation*]

Dans le but d’intimider les grévistes, la police, les administrations universitaires ainsi que quelques individus réactionnaires ont choisi d’utiliser la justice bourgeoise. Nous assistons donc à une judiciarisation du conflit politique où arrestations et injonctions pleuvent littéralement. Plus de 600 arrestations ont déjà été effectuées depuis le 13 février. Des injonctions ont été accordées dans différentes institutions collégiales et universitaires interdisant la tenue de piquets de grève, la perturbation des séances de cours et dans certains cas, le simple rassemblement.

Parallèlement, le mouvement étudiant a cherché à élargir la lutte par le biais d’une participation soutenue à diverses luttes syndicales en cours (Aveos, Rio Tinto). Malheureusement, les bureaucraties syndicales, bien qu’ayant toutes donné leur appui formel aux luttes étudiantes, se limitent à des déclarations de principes timorées, sans toutefois s’engager dans une grève sociale généralisée.

[*Négociations au rabais*]

Le 17 avril, la ministre invitait le plus modéré des syndicats étudiants, la Fédération des Étudiants Universitaires du Québec (Feuq), à discuter d’une commission indépendante sur la gestion des universités, ouvrant par le fait même un dialogue pouvant mener à des négociations sur la question des frais de scolarité. Le gouvernement a refusé la présence de la Coalition large de l’Association syndicale pour une solidarité syndicale (Classe), réputée plus combative et représentant près de 50% des grévistes. La raison évoquée de cette exclusion est le refus de la Classe de condamner fermement les actions directes (blocages, occupations, sabotages) réalisées depuis le début de la grève.

Cette stratégie visant à exclure la frange gauche du mouvement pourrait mener à une négociation au rabais avec le gouvernement. Il reste à espérer que les étudiantes et étudiants qui militent au niveau local auront la détermination de poursuivre la grève et de continuer leurs actions tant et aussi longtemps que le gouvernement n’aura pas plié. Parce qu’il s’agit aussi, comme dans toute grève, d’une guerre d’usure.

Union communiste libertaire, organisation-soeur d’AL au Québec

 
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