Front nazional : Des racines et des haines

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Le Front national confirme avec le scrutin de 2012 qu’il est un acteur majeur de la vie politique française. Marine Le Pen récupère non seulement les électeurs perdus en 2007 mais élargit son audience et étend ses zones d’influence géographiques. Il est urgent d’y opposer une lutte sans concession.

Avec 17,9 % des voix, Marine Le Pen renoue avec les meilleurs résultats du Front national et améliore même les scores réalisés par son père en 2002 qui lui avaient permis d’être présent au second tour de l’élection présidentielle : 6,4 millions de suffrages, c’est près de 900 000 voix de plus qu’au second tour de 2002 et 1,6 millions de voix supplémentaires par rapport au premier tour de la même année. L’enracinement du FN dans le Nord, le Nord-Est et le Sud-Est se confirme et il réalise une percée dans des terres historiquement moins favorables comme la Bretagne ou la Corse. Dans la perspective des législatives, le FN pourra se maintenir dans des dizaines de circonscriptions et ainsi par le jeu des triangulaires exercer une forte pression sur les élus locaux de l’UMP. En cas de défaite de Sarkozy, dans un contexte de luttes de pouvoir, de guerre des chefs et des clans au sein de l’UMP, l’éternelle question des alliances avec le FN pour battre la « gauche socialo-communiste », régulièrement envisagées par des cadres de la droite parlementaire, va de nouveau les travailler. La frontière de plus en plus mince entre l’UMP et le FN peut ouvrir la voie à une recomposition de la droite nationale

[*Reconstruire l’antifascisme*]

En parti électoraliste, le FN peut en effet ambitionner de se lover confortablement au creux des institutions qu’il prétend dénoncer. Face à l’avancée du FN et à la progression du racisme, l’émergence d’un mouvement antifasciste de masse et de classe est plus que jamais à l’ordre du jour. Les résultats du premier tour viennent confirmer que les performances médiatiques d’un « tribun » tel que Jean-Luc Mélenchon ne sauraientt se substituer à l’action directe et à la construction d’un front social contre le Front national.

Des points d’appui existent déjà : la tenue du premier Forum social antifasciste, le 7 avril dernier [1] est une bonne illustration du travail mené dans les syndicats, les associations, les organisations politiques. Car c’est bien sur le terrain social que le bât blesse : passé sans sourciller de l’ultra-libéralisme débridé à un protectionnisme brouillon, le FN ne promet que divisions et impuissance aux travailleurs et aux travailleuses. La bourgeoisie peut dormir sur ses deux oreilles, la famille Le Pen veille à son chevet.

Paul (AL Paris Sud)

[1Voir AL n° 216.

 
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