carnet de voyage

Un communiste libertaire dans les YPG #01 : Pourquoi je suis ici

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Avec les combattantes et les combattants volontaires. Pour la révolution au Rojava. Un camarade nous écrit de là-bas.


Alternative libertaire reproduit les billets du blog Kurdistan-Autogestion-Révolution, carnet de voyage d’un camarade engagé au sein des YPG.

Au fil des semaines, il témoignera de la vie au sein des milices combattantes, des débats qui s’y mènent et de l’expérience du confédéralisme démocratique dans les zones libérées.


Académie de formation des YPG pour les volontaires étrangers, canton de Cizîrê, le 12 avril 2017,

Ce blog sera le carnet de voyage d’un communiste libertaire parti rejoindre la révolution au Kurdistan syrien (Rojava).

J’essaierai de le mettre régulièrement à jour (dans la mesure du possible comme vous pouvez l’imaginer) pour vous tenir informer de toutes les expériences ou découvertes que je ferai ici.

Je suppose que je dois tout d’abord commencer par une petite présentation.

Je m’appelle Arthur Aberlin.

Pour ne pas faciliter la vie de nos amis du Renseignement, même si je me doute qu’ils savent que je suis ici, je ne vous en dirai pas trop sur ma propre histoire, sinon que je viens d’une famille ouvrière d’une ville moyenne. J’ai eu la chance de faire des études dans une fac de province, mais dans une filière sans débouché. J’ai commencé à militer dans le mouvement étudiant, avant de m’engager dans une organisation communiste libertaire.

Pourquoi je suis parti ?

Question inévitable, je crois… La première raison est bien entendu une mise en pratique de ma solidarité avec la révolution qui se déroule en ce moment au Rojava. Je sais que la nature révolutionnaire des événements en cours est objet de joutes intellectuelles masturbatoires dans nos milieux, auxquelles j’ai d’ailleurs participé moi-même.

Néanmoins, au bout d’un certain temps, j’ai toujours eu davantage de respect pour l’imperfection de l’action que pour une théorie parfaite. Et j’en avais assez de rester spectateur d’événements qui se passent à quelques jours de voyage de chez nous. Le déclencheur fut sans doute plus personnel mais, comme le veut la formule usuelle, tout est politique.

Donc après plusieurs années de militantisme, disons que j’avais de plus en plus de mal à donner un sens à la routine militante… Et je sentais doucement mais sûrement une lente résignation s’installer en moi. Je regardais depuis longtemps vers les événements syriens ; je chérissais la pensée réconfortante qu’au pire, je pourrais toujours rejoindre cette révolution. Un fantasme qui permettait de me rassurer quant à ma qualité de révolutionnaire je suppose.

Bref ! Un matin de janvier, en tombant sur le journal en ligne d’un camarade qui avait sauté le pas – j’espère le rencontrer pour lui dire qu’il est à l’origine, quelque part, d’un tournant dans ma vie –, je me suis dit que j’étais à la croisée des chemins :

  • ou bien je continuais un train-train militant qui ne m’apportait plus grande satisfaction et dont je craignais un dénouement désagréable, fait de désillusions envers mes idéaux et très certainement de pas mal d’alcool pour faire passer le tout.
  • ou bien je concrétisais mes fantasmes et je me marchais vers l’inconnu.

Le lendemain mon choix était fait.

Je commençai à réfléchir à comment rallier les YPG.

Arthur Aberlin

 
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