Violence d’Etat à Mayotte

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Face au mouvement social à Mayotte, le gouvernement français a eu pour seule réponse un déploiement des forces armées et une répression féroce.

Lorsque débute le mouvement, les deux premières journées de contestation sont un tel succès qu’en réponse, l’Etat français déploie massivement des policiers sur tout le territoire mais aussi des blindés de la gendarmerie et des hélicoptères. Le groupe d’intervention de la police nationale a même été envoyé en renfort (environ quatre cents hommes). L’usage de flashs-balls, de gaz lacrymogènes, les contrôles d’identités, les provocations policières et les arrestations sont systématiques et quotidiennes. Ce déchainement se solde par la mort d’un manifestant après un tir de flash-ball le 19 octobre dernier. Puis un enfant de neuf ans est également grièvement blessé. Le Préfet, pour dédouaner les forces policières, déclare que ce manifestant est mort d’un arrêt cardiaque. Il serait naïf de s’attendre à ce qu’une enquête suive ces tragiques événements. La police française a cherché à se déresponsabiliser en prétextant qu’elle était débordée, menacée de toute part par des assaillants dans une situation extrêmement tendue.

Un tel déploiement de forces armées, parées comme pour une situation de guerre civile, est de toute manière une provocation de trop pour une population habituée à subir le mépris de la métropole, le racisme de l’administration et des gendarmes mobiles constamment présents, la répression policière contre les immigré-e-s des autres îles des Comores ainsi que contre toute personne se montrant solidaire. La tension policière s’est calmée fin octobre lorsque fût envoyé un médiateur dont les négociations avec l’intersyndicale n’ont toujours pas débouché sur une solution convenable. Une attitude attentiste et paternaliste est adoptée par les forces d’occupation, alors que la violence d’Etat est bien évidemment très peu évoquée dans les grands médias en métropole. Forte d’une tradition révolutionnaire, libertaire et anticolonialiste, Alternative libertaire se doit de soutenir dans sa lutte le peuple mahorais et de continuer à combattre cette république néocoloniale raciste, les violences policières et les fortes inégalités sociales que connaissent les mahorais et mahoraises.

Florian (AL Paris Sud)

 
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