Édito : Rebâtissons sans eux

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Le 15 avril ont pris feu l’épaisse charpente en chêne qui couvrait une cathédrale, mais aussi le point de repère de toutes les traversées de Paris, et un témoignage glorieux des espoirs, du génie et du travail des hommes et des femmes qui l’ont construit.

Même si le dispositif médiatique lui souffle dans les voiles, l’émotion est sincère et il n’est pas question de la moquer. Mais quelle amertume de la voir devenir un prétexte à redorer le blason des généreux milliardaires propriétaires de LVMH, L’Oréal, JC Decaux, Bouygues ou Total, et à donner l’illusion bien temporaire d’une unité nationale au milieu de la crise sociale.

D’autant que la démonstration de la capacité qu’a la société de lever en deux jours près d’un milliard d’euros pour sa reconstruction pose une question douloureuse  : pourquoi ne pas en faire autant pour les quelques 500 SDF qui meurent dans la rue chaque année  ?

Pourquoi continuer à fermer maternités, urgences, et écoles dans nos banlieues et nos campagnes  ?

Pourquoi encore rogner nos pensions de retraite, nos droits au chômage, nos services publics, exhorter toujours à faire mieux avec rien  ?

Ce qui nous est arraché d’une main, pour grossir le patrimoine de quelques grands groupes, nous le mesurons aux miettes généreuses que ceux-ci concèdent pieusement quand de telles occasions se présentent. Ne les laissons pas s’enorgueillir d’une aumône charitable, reprenons ce qui nous appartient et rebâtissons sans eux !

Alternative libertaire, le 22 avril 2019

 
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