À Contre Courant : Pour l’émancipation sociale !

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Chaque mois, le mensuel Alternative libertaire reproduit l’édito de la revue alsacienne À Contre Courant, qui de son côté reproduit l’édito d’AL. Pour contacter ces camarades : ACC, BP 2123, 68060 Mulhouse Cedex.


Vive l’impôt !

Dans toutes les couches de la population, taxes, cotisations, contributions, etc., toutes les formes que peut prendre l’impôt font l’objet d’une détestation croissante. Les couches d’en haut, prétendument «  asphyxiées  », sont pourtant celles qui trouvent le plus de souffle pour dénoncer, avec l’extrême-droite, sur un ton strident, le «  fissscalisssme confissscatoire  » qui les «  presssure  » : ce n’est là qu’un aspect de la bataille idéologique qu’elles mènent sans cesse, pour gagner ou pour rester gagnantes.

L’impôt s’est construit contre elles, dans le but d’opérer une redistribution des richesses en faveur des catégories les moins favorisées. Que reste-t-il de cette noble intention  ? On peut mesurer l’ampleur des ravages du libéralisme triomphant, en constatant qu’aujourd’hui la collecte de l’impôt sur le revenu suffit à peine à payer les intérêts – et seulement les intérêts – de la dette publique. Un paiement effectué sans retard, car une priorité absolue est donnée aux banquiers et spéculateurs qui raflent ainsi, en toute discrétion, une partie des richesses produites ; singulière « redistribution » qui prend ici la forme d’un gigantesque hold-up ! Le plus sidérant de l’histoire, c’est que pour réussir ce coup là les agents du Capital ont commencé par obtenir une... baisse de leurs impôts par des exonérations, niches et fraudes fiscales en tout genre qui ont permis à quelques uns d’accumuler des sommes considérables. Ce sont ces sommes, que l’État leur a laissées, qu’ils ont prêtées ensuite, moyennant intérêt, à ... l’État et à des collectivités et organismes publics appauvris par ces concessions. C’est alambiqué et surtout culotté, mais cette impudence de la classe dominante est à la mesure de l’apathie persistante des victimes d’en bas qui, pour l’instant, ignorent l’essentiel de cette arnaque permanente et grandissante.

On a pu croire sur le coup que l’affaire Cahuzac allait libérer l’esprit de révolte. Mais la lumière jetée sur certaines turpitudes fiscales n’a provoqué finalement que de l’indignation sans actions. Dans une société inerte, l’individualisme et l’idéologie des puissants prennent rapidement le dessus, chacun trouvant prétexte à payer le moins d’impôts possible. Dans le meilleur des cas on se cherche un exemple de contribuable plus riche que soi qui pourrait payer davantage, «  pour que ce soit plus juste  ». Dans le pire des cas on désigne des boucs-émissaires comme «  les Roms qui nous coûtent une fortune  ». Mais, en l’absence de dynamique et d’actions collectives, ni la perspicacité politique qui permet de désigner les vrais receleurs, ni l’idée d’utiliser les prélèvements effectués pour abonder une Sécu aux objectifs ambitieux et des services publics de qualité, ne feront d’apparition majoritaire.

D’autres exemples – comme l’injuste TVA – montrent que, sans luttes, l’impôt est manipulé, détourné, dévoyé. Ce n’est qu’à la faveur d’un meilleur rapport de forces qu’on pourra espérer le réhabiliter, le revigorer et le réinstaller dans sa fonction de redistribution.

 
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