SUD-CT : Un congrès d’affirmation

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Les 15 et 16 mars se tenait à Roubaix le IVe congrès de la fédération SUD-Collectivités territoriales. Un congrès basé sur la mise à jour des objectifs revendicatifs et le souci d’ancrer solidement la fédération dans le paysage syndical.

SUD-CT, c’est aujourd’hui une fédération qui prend du poids : près de 6 000 adhérent-e-s, soit deux fois plus qu’au IIIe congrès, en 2003. Sur les 23 syndicats qui ont rejoint la fédération depuis quatre ans, 10 ont rompu avec la CFDT, 7 avec la CGT, pour des motifs de fonctionnement antidémocratique ou de compromission avec l’employeur-se. Au menu de ce congrès, la “ décentralisation ” initiée par Raffarin en 2003 qui, en renforçant l’autonomie des collectivités territoriales, y a permis l’application d’un management néolibéral : privatisation des services publics rentables, restrictions budgétaires sur les autres et précarisation croissante des salariés territoriaux… Cette décentralisation a généré d’importantes inégalités de traitement des usagers. Ajoutons-y le détournement de fonds publics à des fins privées par les aides aux entreprises, les pratiques clientélistes, la corruption, etc.

La décentralisation a permis des transferts de personnel de l’Éducation nationale et de l’Équipement vers la fonction publique territoriale. Or il existe de fortes disparités entre les fonctions publiques d’État, hospitalière et territoriale et, souvent, le changement de statut correspond à une dégradation des droits. SUD-CT revendique la création d’un statut unique de la fonction publique et, en attendant, se prononce pour le maintien des droits acquis en cas de changement, ou leur alignement sur ceux de la collectivité s’ils sont plus favorables. Question représentativité : la loi Perben de 1996 favorise les syndicats reconnus représentatifs par l’employeur-se et contraint les nouveaux syndicats à mener des actions juridiques pour pouvoir se présenter aux élections professionnelles. Pour SUD, il est “ totalement inadmissible que l’on puisse mettre en doute la représentativité d’une organisation syndicale avant même que les salariés eux-mêmes en aient décidé par le résultat de leur vote ”.

C’est le salarié ou la salariée qui doit faire le choix de ses représentant-e-s et non pas l’employeur-se. Pour le reste, SUD-CT tire un bilan négatif du paritarisme, qui invite les syndicats à la cogestion. L’employeur-se y est toujours en situation de prédominance et il renforce l’institutionnalisation et la bureaucratisation du syndicalisme. SUD-CT est actuellement toujours en butte à des tracasseries de la part des autres syndicats qui refusent sa présence dans les cadres unitaires au motif de son absence du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT). La fédération espère pouvoir y entrer, ce qui non seulement ôterait un frein à son développement, mais constituerait un point d’appui pour l’accession de l’union syndicale Solidaires à la représentativité nationale.

Pour finir, le congrès a réaffirmé son soutien aux victimes de la répression antisyndicale. C’est souvent dans des collectivités PS que la répression a libre cours. On peut citer Reims et Paris, mais un cas emblématique est celui du conseil général du Puy-de-Dôme, qui en septembre a pris des mesures disciplinaires contre 68 travailleuses et travailleurs sociaux. Ils et elles avaient refusé la saisie informatique de données sur les usagers des services sociaux, considérant que, sous couvert de “ modernisation ”, on cherchait à leur faire faire du contrôle social, au mépris des libertés individuelles.

Xavier (AL Angers)

 
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