Universités : Réveil contre l’austérité

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Contre l’austérité à l’Université, un mouvement se met en place dans de nombreuses universités. En ligne de mire  : les dégradations au quotidien des conditions d’études, mais aussi les lois LRU et Fioraso qui en sont la cause.

Depuis plusieurs semaines, des assemblées générales étudiantes ont eu lieu dans les facs franciliennes ainsi qu’à Toulouse, Rennes, Montpellier, Bordeaux, Caen, Lille ou encore Grenoble. Le point commun entre tous ces établissements de l’enseignement supérieur, c’est l’indéniable dégradation des conditions d’études et de travail, conséquence de restrictions budgétaires. Ces dernières se traduisent concrètement par des fermetures de filières et d’options, la suppression ou le gel de postes (enseignants, administratifs, entretien) ou encore par des classes de Travaux dirigés surchargées.

Désinvestissement de l’Etat

Cette austérité aux effets immédiats n’est pas une fatalité, comme voudrait nous le faire croire le gouvernement. C’est un choix politique qui répond à la même logique libérale qui vise à casser méthodiquement les services publics. A l’université, cette casse s’effectue à travers le principe de l’autonomie budgétaire mise en place avec la Loi de responsabilité des universités de 2007.

Derrière le terme alléchant d’autonomie se cache en réalité un désinvestissement de l’État du financement des universités, forçant ainsi ces dernières à se soumettre à des partenariats avec le privé. Les conseils d’administration des facs se contentant de gérer la misère, l’intérêt du patronat prend le pas sur celui de l’enseignement et de la recherche. La loi Fioraso, du nom de la ministre «  socialiste  » de l’Enseignement supérieur, votée en juillet 2013 n’est qu’une aggravation de la LRU.

La plupart des assemblées générales s’accordent sur des revendications similaires comme l’abrogation de la loi Fioraso et de la loi LRU ainsi que le réengagement financier total de l’État dans l’Education et l’Enseignement supérieur et de recherche.

Développer nos luttes

Les facs ne sont pas les seules à connaître des mobilisations. Les écoles et les filières du travail social subissent aussi une conséquence indirecte de la loi Fioraso. La gratification obligatoire des stages, faute de moyens donnés aux établissements publics et associatifs pour qu’ils accueillent des stagiaires et de prise en charge par les écoles de la prospection de stages pour toutes et tous, se retourne contre les étudiantes et étudiants. Ceux-ci se voient refuser toutes leurs demandes de stage, pourtant nécessaires à la validation de leurs diplômes. En réponse, des mobilisations se construisent dans la plupart des écoles, et l’Institut régional du travail social de Rennes a appelé à une coordination nationale le 16 novembre.

Ces dernières semaines, les universités ont également été le théâtre de menaces venant de l’extrême droite, qui se propose d’y éradiquer les «  gauchistes  ». Deux militantes de l’Unef ont été agressées  [1]. La mobilisation naissante est aussi une façon de montrer que les étudiants et étudiantes n’entendent pas se laisser intimider, mais continueront de se battre pour leurs conditions d’études.

Toutes ces agitations doivent être des encouragements à coordonner et développer nos luttes. C’est dans ce sens que Solidaires-Étudiant-e-s, AL, le NPA et la Gauche anticapitaliste ont organisé une journée d’action nationale dans les facs le 24 octobre, avec une manifestation à Paris. Nous le savons, seul un mouvement d’ampleur encore à bâtir, pourra porter le coup d’arrêt à ces régressions et faire naître des alternatives pour un enseignement plus égalitaire et émancipateur.

Ben (AL Nantes)

 
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