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Chili : la mémoire confisquée, les militants bâillonnés

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Le 11 septembre 2013, les mouvements sociaux et populaires chiliens commémoraient les 40 ans du coup d’État de Pinochet, malgré l’arsenal policier déployé par le gouvernement. La population a été mise sous pression par la déferlante de patrouilles de police, de chars, le blocage des routes et les contrôles d’identité arbitraires sur les différents « lieux de conflictualité » de la capitale, Santiago.

C’est le cas du quartier de Villa Francia où, le mercredi 11 septembre, la population a vaincu la peur pour participer à la commémoration. Les forces policières n’ont pas tardé à entrer en ligne. Passages à tabac, arrestations, garde à vue et détentions arbitraires à la clef.

Par la suite, 14 personnes ont été accusées de « délits spéciaux » : port d’arme, troubles à l’ordre public et rébellion. Pour fabriquer des preuves, les carabiniers ont rassemblé des cocktails Molotov, des vêtements de couleur sombre et d’autres objets « suspects » et les ont attribué aux accusé.e.s. L’un d’entre eux, Mauricio Soto, un camarade de la Federación Comunista Libertaria (FCL), organisation-sœur d’Alternative libertaire au Chili, est accusé d’avoir fabriqué et fourni les cocktails Molotov et d’avoir été arrêté cagoulé, alors qu’il n’a pas été arrêté dans le cadre des affrontements.

Le 21 septembre, les inculpé.e.s ont été assignés à résidence pour 90 jours. Ils et elles sont aujourd’hui dans une situation très critique, certain.e.s sans revenu. Mauricio Soto, par exemple, a perdu son travail à cause de la privation de liberté.

Mauricio Soto n’est qu’un exemple parmi tant d’autres, mais il est représentatif de la répression systématique contre les militant.e.s qui mènent une action à la base dans les quartiers.

Les mouvements sociaux et populaires chiliens continuent de dénoncer la répression policière au Chili héritée de la dictature.

Liberté pour les prisonniers politiques ! Justice sociale et populaire !

Alternative libertaire, le 2 janvier 2014

 
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