Communiqué de soutien à l’USTKE

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Communiqué de soutien à l’USTKE

Les militants de l’USTKE (Union Syndicale des Travailleurs Kanaks et
des Exploités) ont subi ces dernières heures une terrible répression
de la part des forces de police et de gendarmerie de l’Etat colonial
en Nouvelle-Calédonie.

50 d’entre eux ont été arrêtés et sont actuellement placés en
garde-à-vue. 20 autres sont blessés.
Ces méthodes violentes visant à casser une grève et à criminaliser
un syndicat ne sont pas acceptables et ne régleront en rien un
conflit provoqué et aggravé par le patron de CARSUD (entreprise de
transport du groupe Véolia) qui refuse toute forme de négociations
L’USTKE n’est pas un syndicat de « voyous » comme l’a déclaré le
Haut-Commissaire qui a envoyé les forces de l’ordre pour déloger un
piquet de grève à coup de grenades lacrymogènes et de tirs à bout
portant. C’est au contraire une organisation responsable qui défend
les droits des travailleurs, ce que ne supportent pas certains patrons
arrogants et provocateurs.
Cela fait plusieurs années que la société CARSUD est confrontée à
une gestion catastrophique tant en terme social que de service
rendu aux usagers.
La Province Sud qui a la compétence dans le domaine du transport
régulier de passagers a, au nom du libéralisme, choisi de travailler
avec le groupe Véolia dont tout le monde sait que la vocation
première n’est pas de transporter les personnes mais de gagner de
l’argent.
L’unique revendication de l’USTKE concernait la réintégration d’un
salarié qui n’a jamais été licencié pour vol mais pour des faits qui
relevaient de disfonctionnements au sein de CARSUD, faits qui
concernaient bon nombre de salariés dont trois qui, depuis, ont été
réintégrés.
Devant la nouvelle situation provoquée par Véolia, actionnaire de
Carsud et par la Province Sud, l’USTKE décide de poser publiquement
la question du transport de passagers dans le seul intérêt de ces
derniers.
En conséquence, l’USTKE demande la création d’une régie autonome
de transport dirigée et financée directement par la collectivité
provinciale. L’USTKE demande l’instauration d’un vrai service public
au service du plus grand nombre, à des conditions tarifaires à la
portée de tous et dans le cadre d’un réseau réorganisé
géographiquement avec des moyens matériels et humains
suffisamment conséquents.
L’USTKE demande enfin le retrait du groupe Véolia et la tenue de
discussions avec la Province Sud pour la mise en place de cette régie
autonome de transport PUBLIC.
En résumé, nous demandons depuis des semaines des négociations,
des débats, des discussions sérieuses. Rien de tout cela n’a eu lieu.
Et la seule réponse que nous avons eu aujourd’hui est celles des
coups, des armes et des gaz lacrymogènes des forces de l’ordre.
Mais nous tiendrons.
Nous ne voulons pas la guerre, et le Haut-Commissaire a tort de la
provoquer ainsi...
La grève générale va se poursuivre et nous continuons
invariablement à réclamer la tenue de négociations, autour d’une
table, intelligemment.
Nous appelons tous les amis, toutes les associations, les
organisations syndicales et politiques à protester contre la
répression policière que subit l’USTKE et à réclamer la libération des
syndicalistes emprisonnés à Nouméa.

Corinne Perron
(représentante en France de l’USTKE)

http://www.ustke.org/syndicat/

 
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