23 mars : Vivement la suite !

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Ce sont près de 800 000 personnes qui ont sillonné les rues mardi 23 mars dernier. La mobilisation a été forte et très dynamique dans de nombreuses villes. Mais il faut s’arrêter sur le bilan à tirer de cette journée.

Cette journée nationale de grève et d’action a été comprise, pour toutes et tous ses participants, comme le premier round de la bataille contre la réforme capitaliste des retraites. Mais à cet axe unifiant venaient s’en greffer d’autres qui ont animé les luttes et les grèves de ces derniers mois : lutte contre les licenciements et les suppressions de postes, défense du service public, conditions de travail, salaires… Des secteurs en mouvement ?

Les mobilisations dans certains secteurs étaient observées très attentivement par les syndicalistes de lutte. Ainsi dans l’éducation où une grève larvée se développe entre les académies de Lille, Aix-Marseille et le 93 sans pour autant réussir à s’étendre significativement ailleurs. Ainsi à la SNCF où après la grève du 3 février la fédération Sud Rail avait fait le pari d’un appel à la grève reconductible. Mais dans l’éducation comme à la SNCF le déclic ne s’est pas encore produit qui permettrait d’entraîner ces secteurs dans un mouvement dur.

Pourtant les luttes, mêmes partielles, sont bien réelles et les équipes syndicales ne chôment pas. Mais tout le monde à en tête les grèves saute-moutons de l’an passé, ou de 19 janvier en 29 mars puis 1er mai, la mobilisation, bien que massive au départ, avait poussivement terminé sa course sans réussir à engager de confrontation sociale décisive. Alors que faire ? Certains attendent beaucoup (et peut-être trop) d’une unité intersyndicale au sommet qui fixerait un plan de bataille bien établi et appellerait à la grève générale tel jour à telle heure. D’autres attendent LE mouvement dans UN secteur qui entraînerait les autres dans l’action : à ce jeu là tout le monde peut s’attendre longtemps et réciproquement.

Ne pas attendre !

Ce qui ne veut pas dire que l’une comme l’autre ne comptent pas. Il faut l’unité intersyndicale, car c’est important pour de très nombreux travailleurs et travailleuses et il faudra bien que certains secteurs trouvent les voies d’une mobilisation durable.

Mais l’essentiel est aujourd’hui de ne surtout pas attendre. Pour cela la campagne pour la défense des retraites donne l’occasion d’un axe de travail interprofessionnel central. A l’heure où nous bouclons, la réunion intersyndicale du 30 mars n’est pas passée mais il est fort probable qu’elle débouche sur une prochaine date nationale de grève. Cette date fera partie de l’équation qui permettra de mobiliser… ou pas, ou peu, en tout cas pas assez, si elle est trop lointaine. Il n’y a pas de recettes miracles pour doser tous ces ingrédients. Il y a le travail syndical de terrain et les luttes quotidiennes où les stratégies autonomes peuvent s’élaborer. C’est sur cette conflictualité là qu’il faut s’appuyer. Si l’on veut réellement une déflagration sociale à la hauteur des coups que nous assènent les capitalistes, il faut s’atteler dès maintenant à chercher et à trouver les voies d’une mobilisation de masse victorieuse.

Théo Rival (AL Orléans)

 
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