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LRU : La répression continue

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Au printemps 2009, un mouvement fort agite les universités. Étudiants et personnels s’opposent à la loi Liberté et Responsabilités des Universités (LRU), qui accroît l’autonomie des facs, limite encore plus la pseudo démocratie universitaire, et facilite l’entrée d’acteurs privés dans le fonctionnement des campus. Ce mouvement a été particulièrement important par son ampleur et sa durée, mais a finalement échoué.

Sur Toulouse, les universités de sciences et de lettres ont été bloquées. Le Mirail (la fac de lettres) l’a été pendant plus de quatre mois. Les étudiantes et étudiants ont enchaîné pendant cette période des actions massives afin d’augmenter la pression sur les autorités et de faire connaître leur lutte. Face à cette mobilisation, l’administration universitaire a d’abord choisi de jouer la montre. Devant l’échec de cette stratégie, la réponse a pris des formes plus brutales : la police est intervenue sur certaines actions (il y eut plusieurs blessés, certains grièvement, parmi les étudiants), les CRS se sont installés sur le campus pour « protéger » la reprise des cours, etc.

Plus d’un an après la fin du mouvement, la répression n’a pas cessé. Une douzaine d’étudiants ont été convoqués au commissariat, sept d’entre eux sont passés en procès le 24 juin. Ils sont accusés de vols, de dégradations, et d’autres motifs, parfois fantaisistes (c’est le cas de l’accusation pour « vols de petits gâteaux »).

La stratégie de l’administration universitaire consiste à désigner des étudiants visibles, connus des milieux militants, d’une fac historiquement mobilisée et à leur faire payer des actions décidées collectivement. Plus de 2 500 étudiantes et étudiants étaient présents en AG pour voter les actions, près de 400 étaient présents pour l’occupation des bâtiments administratifs durant laquelle auraient eu lieu les vols de petits gâteaux, et la plupart des actions ont été exécutées massivement. Ce qui leur est reproché c’est d’avoir fait partie d’un mouvement qui s’est opposé, autrement que par pétitions et autres interpellations d’élus, à la casse du service public.

Une solidarité nécessaire

Malgré une motion du Conseil étudiant et de la vie universitaire et la mobilisation des étudiants et des personnels pour faire retirer la plainte, celle-ci a été maintenue. Le verdict arrivera le 3 février, les étudiants risquent plusieurs dizaines de milliers d’euros d’amende, de la prison avec sursis, et des interdictions de se réinscrire à l’université. Il est possible d’envoyer des chèques de soutien pour aider à payer les amendes à l’ordre du syndicat « AGET-FSE » à l’adresse « à l’attention du CAJ, canal Sud, 40 rue Alfred Dumeril, 31400 Toulouse ».

Dans un contexte social souvent passif, l’État et le patronat risquent de multiplier les attaques contre celles et ceux qui s’opposeraient à la casse des acquis sociaux. Face à cela, il est nécessaire d’organiser la solidarité collective et de faire connaître le plus largement possible la situation de la répression.

Dany (AL Toulouse)

 
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