Pantin : L’eau à l’encan

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L’eau c’est la vie. Cet élément comme l’air est bien public. Mais depuis plus d’un siècle des sociétés privées distribuent l’eau, non sans risques pour la santé publique.

Veolia multinationale, «  irrigue le monde  ». En surfacturant l’eau du robinet, elle s’est enrichie. Veolia et la Lyonnaise des eaux-Suez sont en train de se partager la planète sans qu’aucun pouvoir ne les contrôle.

L’enjeu n°1 du XXIe siècle

A Pantin, les élus locaux s’en remettent au Sedif dont Mr Santini est Président, et il s’en remet à cette multinationale. Trois étapes, qui permettent l’opacité complète. Où est la démocratie dont se réclament nos édiles  ? On se référera là-dessus à l’excellent livre L’Empire de l’Eau du journaliste Ivan Stéfanovitch. Sa 4e de couverture pose la question suivante  : «  Serait-il possible qu’en payant votre facture d’eau vous contribuiez ainsi à alimenter les fonds des grands partis politiques français  ? » Un certain nombre de villes, dont, Paris sont passées en régie municipale. 2,80 euros le m3 pour les parisiens. L’eau des citoyens de Pantin est à 4,40 euros le m3 en moyenne. Le 93, département pauvre, paye l’eau la plus chère de France  ! Faire payer les pauvres c’est plus efficace, ils sont plus nombreux, et plus ils sont pauvres, moins ils ont le loisir de contester… Veolia a le droit d’augmenter ses prix quand elle veut.

Revenons à Est Ensemble

C’est le Maire de Pantin, Bertrand Kern, qui préside le Conseil Communautaire Est-Ensemble. Une politique autocratique à Pantin s’est mise en place «  pour le bien du peuple  », sans le consulter. Il faut penser dans les clous, admettre le bien-fondé des choix. Si les choses ont changé avec l’arrivée d’une majorité socialiste à Pantin, c’est au détriment des pauvres. Des expulsions, une politique immobilière qui transforme les quartiers pour accueillir plusieurs  grosses sociétés, toute une zone est expropriée. A la clé un changement de population. Un collectif local  : Initiatives libertaires (Clipantin) s’est créé, avec différentes sensibilités.A l’arrachée, nous avons fait des animations sur l’eau, et distribué des tracts. Une dizaine de personnes se sont relayées sur différents marchés  : halte à douze ans d’esclavage, disait une de nos pancartes. Il y eut des discussions passionnées avec les gens.

Pourquoi de l’aluminium dans l’eau  ?

L’eau distribuée par Veolia dans les communes d’Est-Ensemble contient de l’aluminium. Les Verts de Pantin, pourtant alliés du maire, ont organisé une projection du film de Sophie Le Gall, intitulé Du poison dans l’eau du robinet, dans lequel on apprend qu’une eau peut être «  conforme par dérogation  », tout en étant «  déconseillée pour les nourrissons  »… La présence d’aluminium dans l’eau potable provient du fait que Veolia traite l’eau avec des sels d’aluminium. Il s’agit d’éclaircir l’eau, parfois trouble. Pour changer le métal de «  coagulation  », il faut changer l’installation. C’est onéreux. Pourtant, c’est possible, puisqu’à Paris, on utilise des sels de fer.

Donc dans le 93, on utilise des sels d’aluminium, et cet aluminium se retrouve dans l’eau. Si on la boit, les particules passent dans le sang, dans nos cerveaux, où elles détruisent des neurones. Or l’aluminium est quasi impossible à éliminer. Il est également cancérigène. En 2000, une étude menée par une unité de l’INSERM, qui demande à être reproduite, montrait que le risque de développer la maladie d’Alzheimer augmentait en fonction du taux d’aluminium dans l’eau potable (même s’il reste inférieur aux normes européennes) [1]. Cent mille décès par an sont dus en France à cette maladie. Quant aux gens décédés de cette maladie, on retrouve dans leur cerveau des sels d’aluminium. L’alu semble donc un facteur important dans le déclenchement de la déficience cérébrale, jusqu’aux effets connus  : perte de mémoire, oubli du langage, non reconnaissance des proches.

Des normes insuffisantes

L’affichage, à la mairie de Pantin, de la teneur de l’eau en aluminium montre qu’il y a des pics à 126 µg, en général cela tourne autour de 40 µg. En France, il y a des villes et des villages où la concentration est supérieure à l’indice européen. Mais déjà avant ce seuil, puisque l’aluminium se fixe, il est dangereux  : le principe de précaution s’impose  !

La norme en vigueur est totalement laxiste. La santé des personnes âgées ne semble pas une priorité. Celles des enfants non plus. Au Conseil communautaire d’Est Ensemble le 23 novembre, le public a interpellé les élus prêts à voter la concession au sein du Sedif donc à Veolia. Ces édiles osent nous reprocher de troubler l’ordre démocratique  ! Nous attaquons le manque d’information et de débats. L’exigence d’un referendum sur l’eau a été reprise en chœur. Si les élus font fi de la santé de leurs administrés, la révolte est un droit  ! On voit, par cet exemple, les limites d’une délégation de pouvoir sans contrôle. Malgré les slogans lancés par les militantes et militants ( «  l’aluminium dans l’eau, ça vous détruit le ciboulot  !  » et «  les actionnaires s’enrichissent  : les usagers dépérissent  !  ») les élus d’Est-Ensemble ont donc renouvelé le contrat de Veolia le 30 novembre dernier, faisant fi de la santé publique.

France (AL Paris-Nord Est et CLIPantin)


<titre|titre=Pour en savoir plus...>

…sur les enjeux de l’eau et plus généralement sur la question de la privatisation des services et du bien public, Alternative libertaire vous proposera un article d’analyse sur les partenariats publics-privés le mois prochain. En attendant, quelques liens et lectures pour vous familiariser avec le sujet  :
- Le site de Jean Luc Touly sur l’eau un droit pour tous  : www.acme-eau.org
-  «  La remunicipalisation de l’eau  », en ligne sur www.france-libertes.org
-  Les acteurs privés  : www.veolia.com, www.suez-environnement.fr, www.saur.com, www.agbar.es

[1 voir lamouette.blog.lemonde.fr

 
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