PSA Aulnay : Prêts à bloquer l’usine

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Le samedi 18 février, à Aulnay sous-bois, en Seine saint Denis (93), avait lieu une manifestation de soutien aux ouvriers des usines PSA Peugeot-Citroën contre la fermeture programmée de l’usine d’Aulnay en janvier 2014.

Le groupe PSA, loin d’être en faillite, s’est enrichi pendant la crise : selon un communiqué de presse de l’entreprise, PSA aurait réalisé, au premiers trimestre 2011, plus de 15,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et M. Varin le PDG de PSA qui touche un salaire de 9 000 euros par jour, aurait affirmé que l’entreprise pouvait disposer d’une trésorerie de 11 milliards. De plus, PSA a bénéficié d’aides publiques de l’État : plusieurs milliards d’euros d’après les syndicalistes de PSA. Face à ces sommes mirobolantes, se profilent les licenciements des 3 300 employés de l’usine PSA d’Aulnay auxquels il faudrait ajouter ceux des sous-traitants et des fournisseurs, portant ainsi le nombre de licenciements à plus de 10 000. En pleine période de crise, dans un département déjà très fortement touché par le chômage (11,3 % dans le 93 pour une moyenne nationale de 9,2 %), ces licenciements plongeraient ces travailleurs et leurs familles dans la précarité.

[*parachutes dorés, licenciements à la volée*]

La manifestation d’à peu près 2 000 personnes a marché à travers Aulnay avec en début de cortège, l’intersyndicale de la boîte (CGT, SUD, FO, CFTC…), les cortèges syndicaux et ensuite les différentes organisations : Alternative libertaire, Front de gauche, NPA, LO, PS…. À la fin de la manifestation ont eu lieu des prises de paroles des représentants syndicaux de l’usine, devant la mairie, face aux caméras. Les élus régionaux et les responsables des partis en présence se sont alors empressés de se montrer près des représentants syndicaux, en faisant du forcing auprès des ouvriers pour passer. Ceux-ci ont d’abord refusé, mais ont fini par céder. Les inopportuns politiciens ont tout de même eu droit à quelques slogans choisis : « La force des travailleurs, c’est la grève ! », suivi d’un « d’habitude, on ne les voit jamais »…

D’après Mohamed, responsable syndical de SUD a PSA, son syndicat serait le seul à prôner réellement l’idée d’un blocage de l’usine et d’une occupation des locaux. Créée en 2005, la section est maintenant la troisième par ordre d’importance au sein de l’usine, après le SIA (un syndicat jaune, proche du patronat et du FN) et la CGT (tenue par LO). Il y a une réunion intersyndicale presque toutes les semaines. Cependant l’opposition reste rude entre les différents syndicats sur la marche à suivre. Néanmoins, à chaque AG on peut compter sur plus de 300 personnes motivées. Une date de mobilisation serait d’ailleurs fixée le 24 mars. On ne peut que souhaiter à Mohamed et à ses camarades de PSA que leur lutte pour sauvegarder leurs emplois soit victorieuse. De notre côté, nous devons nous mobiliser à chaque fois que nos camarades ouvriers se mobilisent, qu’ils soient de PSA ou d’ailleurs.

Guilhem (AL Paris Sud)

 
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