Angers : Stopper le parfum rance de la réaction

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Depuis de trop nombreux mois les idées réactionnaires, sexistes et homophobes ont pignon sur rue à Angers. D’un bar associatif d’extrême-droite, en passant par l’aile droite de la municipalité, retour rapide sur ces réacs dont les premières cibles sont les femmes et les minorités.

La Manif pour Tous avait cristallisé en Anjou une homophobie que l’on pensait naïvement disparue depuis des lustres. Les cathos ont réussi à mobiliser plusieurs millions de personnes. Face à ce déferlement de haine, force est de constater que la mobilisation n’a pas été à la hauteur, les rassemblements organisés ne soulevant pas les foules. Il était permis de croire que l’adoption de la loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe allait les faire taire. C’est en partie vrai. Mais la frange la plus radicale à continué à mobiliser.

C’est le cas notamment de Sens commun, mouvement au sein des Républicains issu de la Manif pour Tous, qui compte plusieurs élus municipaux. Ils auront suffisamment de poids pour en 2016 Christophe Béchu, le maire d’Angers à faire retirer des affiches d’une campagne de prévention contre le VIH. Une forte mobilisation avait alors obligé le maire à une gymnastique politicienne des plus pitoyables.

Parmi cette aile droite municipale, Maxence Henry est sans doute celui qui va le plus loin dans ses déclarations publiques. Il y a quelques semaines, dans une émission de RCF Anjou concernant la légalisation de l’avortement en Irlande (où seuls des hommes avaient la parole), l’élu municipal n’a pas mâché ses mots : « l’avortement est toujours un échec », ainsi les 200.000 avortements par an en France sont «  200.000 situations d’échec  », et il va même jusqu’à parler d’un mystérieux mais néanmoins puissant «  rouleau compresseur qui est mis en faveur de l’avortement ». [1] Les libertés que prennent les édiles pour parler de l’homosexualité ou des droits des femmes à disposer de leur corps ont donné quelques idées à certains pour passer à l’action.

Dans la nuit du 13 au 14 juin dernier, le local de Quazar, centre LGBT d’Angers, a été tagué d’ignobles appels au meurtre des homosexuel.le.s et de croix celtiques. [2] Cet acte est signé et nous savons dans quelle direction regarder pour trouver les coupables : les membres de l’extrême-droite identitaire et catholique qui depuis le mois de janvier dispose d’un local, nommé l’Alvarium. [3]


Événement : « À l’ouest, mais toujours antifascistes ! », festival antifasciste angevin qui aura lieu du 16 au 22 septembre.


Mais la résistance s’organise. Que ce soit contre les dérives réactionnaires d’une partie de l’équipe municipale, comme contre l’implantation de l’extrême-droite, les organisations féministes, antifascistes et progressistes sont à pied d’œuvre pour ne pas céder une once de terrain aux réacs de tous poils. Le 24 février dernier, 500 personnes manifestaient contre l’Alvarium. Le samedi 23 juin 150 personnes se sont mobilisés contre l’homophobie.

Manif du 24 février contre le local fasciste Alvarium

Comme quoi en Anjou comme ailleurs, nous devons rester déterminé.e.s à nous battre pour l’égalité des droits de toutes et tous.

Jon (AL Angers)

[1Communiqué de réponse du collectif Émancipation : « Réaction aux propos anti-IVG de Maxence Henry, adjoint à la mairie » (sur collectifemancipation.fermeasites.net)

[2Communiqué : « Tags homophobes à Quazar » (sur quazar.fr)

[3À propos de l’Alvarium, vous pouvez vous renseigner sur la blog du Réseaux Angevin Antifasciste : raaf.noblogs.org

 
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